2020 sonne le glas de l'ancien monde. Aujourd'hui, une poignée d'érudits seulement connaissent les évènements qui ont conduit à la disparition de la majeune partie de l'humanité. De vieilles coupures de presse témoignent encore de la catastrophe. Elles dorment sur les étagères poussièreuses de la salle des archives, au coeur du château de Valère.
Vous pouvez en découvrir quelques-unes ci-dessous :
Pièce : N-2020-026
Date : 18 mai 2020
Source : Éditorial du quotidien La Provence
Nous commençons par en avoir l'habitude. Tous les ans ou presque, un nouveau groupe d'illuminés nous annonce la fin du monde. Certains d'entre vous se rappellent peut-être la prédiction fantaisiste de Paco Rabanne, couturier mystique de la fin du XXe siècle, qui proclamait à qui voulait l'entendre la fin du monde en 1999. La station orbitale Mir devait alors s'écraser sur Paris. Les millénaristes redoutèrent ensuite l'an 2000 et son terrible bug informatique...
D'autres dates furent annoncées par divers groupes sectaires ou fous solitaires. La plus célèbre fut certainement le 22 décembre 2012. Calendrier maya, prophétie de Saint Malachie, Apocalypse selon Saint-Jean, Nostradamus, les preuves étaient éloquentes, tout concordait ! La réalité des faits prouva une fois de plus que les trompettes de Jéricho n'étaient pas encore aux portes de nos villes.
Dernière hypothèse avancée par les farfelus du monde entier, le 22 mai 2020. Numérologie et astrologie sont formelles, il ne nous reste que quelques jours avant la fin des temps ! Dépêchez-vous, amis lecteurs, de concrétiser tous vos rêves... Tout est permis, vous n'avez plus que quatre jours avant l'apocalypse. En ce qui me concerne, je maintiens mes vacances en famille au bord de la mer. Je vous retrouve le 23 mai 2020, en espérant que peu d'entre vous se réveilleront avec la gueule de bois et la sensation d'avoir été une fois de plus trop crédules.
Jérémie Cassand
Pièce : N-2020-076
Date : 12 juin 2020
Source : Article paru dans le quotidien Aujourd'hui en France
Depuis le 18 Mai, plusieurs crimes horribles se sont produits dans la région de Marseille. Avant-hier, un couple de septuagénaires a été découvert mort dans leur jardin. Les cadavres, mutilés et partiellement dévorés, avaient été traînés à l'extérieur du domicile. Le mode opératoire est identique aux meurtres précédents : les agresseurs défoncent la porte, agressent sauvagement les habitants et saccagent le domicile. Les indices relevés sur place laissent à penser que les meurtriers agissent en bandes organisées et sont accompagnés de chiens d'attaque.
La psychose s'installe et les mouvements de panique se multiplient. Les ventes d'armes explosent et les professionnels de la sécurité reçoivent de nombreuses commandes pour des systèmes d'alarme toujours plus perfectionnés. Dès le soir tombé, les habitants se calfeutrent tous chez eux. Nous avons essayé d'en interroger plusieurs mais personne dans la région n'a souhaité nous répondre. Seul un conseiller municipal d'Auriol, qui souhaite rester anonyme, nous a fait part de sa colère contre les services de l'État qu'il juge laxistes et incompétents.
Les spéculations vont bon train et les illuminés de tout poil avancent des théories plus farfelues les unes que les autres. Une vielle dame se promène dans la commune de Saint Zacharie avec un écriteau sur lequel nous pouvons lire « Dieu nous juge pour nos péchés, Il nous a livré à Satan pour nous punir de notre iniquité». Une autre personne a déclaré avoir aperçu une bête horrible, dotée d'ailes de chauve-souris. Elle aurait poussé un cri horrible et se serait envolée, disparaissant en quelques secondes dans l'obscurité. Divers tests de dépistage de drogue ont été pratiqués sur le témoin et ils se sont tous révélés négatif. Il est actuellement soumis à une expertise psychiatrique.
Selon les policiers en charge de l'enquête, toutes les ressources sont mobilisées et diverses pistes sont étudiées. Nous vous tiendrons informés de l'avancée des investigations.
Natacha Pierrard
Pièce : N-2020-90
Date : 17 juin 2020
Source : Article paru dans le quotidien Le Figaro
Le bâtiment, une corvette spécialisée dans la lutte anti-sous-marine, effectuait une mission d'entraînement au large de Bastia. Mardi 16 Juin à 23h40, le navire a soudainement disparu des écrans radars. Une vedette italienne, croisant à proximité, affirme avoir aperçu une violente explosion. Elle s'est immédiatement rendue sur zone, mais il était déjà trop tard. Plusieurs corps sans vie dérivaient au milieu des débris de l'épave.
L'accident, d'origine inconnue, n'a laissé pratiquement aucune chance à l'équipage. Un seul survivant a pu être repêché par le navire italien. Profondément choqué, le rescapé a tenu des propos incohérents à ses sauveteurs, évoquant une étrange créature ailée. Selon Virginie Dattan, expert psychiatre, le marin, originaire de Roquevaire, aurait pu être influencé par la vague de crimes qui sévit actuellement dans la région de Marseille. Il aurait alors repris à son compte les témoignages des farfelus qui font depuis plusieurs jours les choux gras de la presse.
Une chapelle ardente a été dressée dans la cathédrale de Bastia où une cérémonie funèbre aura lieu après-demain, en présence du Chef de l'État. Nous attendons des éclaircissements sur les véritables causes de ce terrible accident. Le Figaro se joint à la douleur des familles et leur présente ses condoléances.
Sophie Niam